A chaque projet son lot de surprises

Après plus d’un mois de démarches administratives, j’ai enfin pu commencer mon reportage sur la Nature à Paris. Je m’attendais “seulement” à découvrir plusieurs lieux depuis une nouvelle perspective notamment grâce à mon drone.

C’est finalement un Paris complètement différent que j’ai pris plaisir à redécouvrir.


Tout d'abord, avez-vous vu la vidéo complète ?


Lundi 25 Juin, 4h30, le réveil sonne. Le temps d’enfiler un short, un gros café et une paire de chaussures, et me voilà parti rejoindre Juan Manuel qui m’aidera à sécuriser le périmètre dans lequel évoluera mon drone. Et pour cause, le service des Espaces Verts de Paris ainsi que la préfecture de Police m’imposent des contraintes pour le moins drastiques : interdiction absolue de la présence de tiers dans un rayon de 30 mètres autour du drone, vol à vue uniquement dans un rayon de moins de 100 mètres autour du pilote, appeler la préfecture et la tour de contrôle d’Orly le matin du vol, … Le tout, pour un survol de maximum 1h, à 5h00 du matin au dessus de la roseraie de Bagatelle, dans le Bois de Boulogne. Autant dire qu’il n’y a pas foule. 

Il est tôt, les yeux sont encore tout collés, la nuit a été mauvaise…

Pourquoi s’infliger tout cela ?


Pourquoi cette idée de reportage sur la Nature à Paris en drone?

Après avoir arpenté les routes Européennes depuis le mois de janvier 2018, je suis revenu en région parisienne fin avril. Ayant passé 4 mois à découvrir de nouveaux horizons, à photographier des bâtiments pour mes clients, et dépensé le plus clair de mon temps à l’extérieur, cette perspective ne m’enchantait guère.

Ce premier contrat à l’étranger représentait également la première utilisation professionnelle de mon drone, que je pilotais en tant que télépilote dûment habilité, donc. Avec son lot de contraintes (administratives, météorologiques, etc.) et de plaisirs notamment côté pilotage. Découvrir de nouveaux endroits avec un point de vue atypique est grisant. Surtout lorsque les lieux sont superbes de base, avec de beaux paysages, … 

Qu’est-ce qui m’empêchait de redécouvrir cette ville où j’ai pourtant grandi, Paris ? Se la ré-approprier, différemment ? Je sais (ou pensais savoir) à quel point les contraintes administratives sont importantes, mais il en faut plus pour m’arrêter… 

C’est donc comme cela qu’a commencé à germer cette idée de reportage sur la nature à Paris. Je voulais en faire un clip vidéo court, qui transporte les gens, et capturer des clichés qui pourraient être ensuite exposés.


Les préparatifs

Pour trouver les lieux de survols idéaux, les cartes, images satellites et images 3D sont mes plus grands alliés. Je réfléchis en fonction de l’orientation du soleil, du premier et second plan, etc. Un processus assez réfléchi !

Possédant déjà mon brevet de télépilote, une assurance responsabilité civile et étant déclaré comme opérateur auprès de la DGAC, il ne me restait « plus qu’à » obtenir les autorisations de survols pour chaque site.

La veille de chaque survol, je planifie chaque plan que je souhaite filmer, ainsi que leur ordre afin d’optimiser le temps de vol et les batteries. La lumière est parfaite pendant un court laps de temps seulement !

Je prépare ensuite mes 4 batteries, le drone, cartes mémoires, les chevalets et le ruban de chantier pour délimiter la zone sans tiers, avant d’aller au lit pour un court instant !

Près d’une centaine d’appels avec la préfecture plus tard, des dizaines de mails, plans de vols, repérages, etc., nous voilà le lundi 25 Juin, avant l’aube, à Bagatelle.

Cela faisait longtemps que je voulais capturer une vue de la Défense avec la roseraie au premier plan. Décollage.


La découverte

À 5h du matin en Juillet au bois de Boulogne, il va sans dire qu’il y a très peu de monde. Les premières minutes, Juan Manuel et moi sommes restés bouche bée devant un tel calme. Enfin, calme…

C’est sans compter sur les chants des oiseaux, presque assourdissant. Aucun autre bruit ne filtre à travers les bois – nous nous croyons dans une forêt presque vierge l’espace de quelques instants.

Première surprise de ce reportage.

La lumière traverse petit à petit les arbres, le monde humain se réveille en douceur… et le calme disparait progressivement.


Un Paris désert

Après ces premiers survols au Bois de Boulogne, nous avons pris la direction de Paris centre les jours suivants.

Les départs se firent encore plus tôt, afin de sécuriser les zones de survols pour le drone (aucun tiers admis dans la zone de survol). L’avantage à cette heure là, c’est qu’il n’y a pas de soucis de circulation ! Vincent se joint à Juan Manuel et moi pour sécuriser les 2 premières zones de survols.

Le premier jour, nous fermons la passerelle Léopold Sedar Senghor au public (ordre de la préfecture). Au milieu de la Seine, nous sommes seuls.

Seuls au-dessus des flots, dont le bruit des vaguelettes nous transporte
Seuls avec les oiseaux dont nous entendons le bruissement du vent dans les ailes
Seuls avec cette Nature qui se réveille, bientôt étouffée par l’agitation humaine.

Pas un bateau ou presque, pas de hordes de touristes ni de travailleurs pressés, … C’est si agréable !

30 minutes tout pile avant le lever du soleil (le jour légal), j’ai le droit de décoller. C’est encore l’heure bleue, avec une luminosité si particulière.


Un vol en drone après l'autre

Chaque jour, les conditions sont très différentes, la fatigue se fait sentir de plus en plus.

Toujours cette même impression d’être dans une ville musée déserte.

Le seul bémol : une saleté pesante partout où touristes et jeunes sortent le soir, et qui ne sont nettoyés qu’à 6h du matin… Population fêtarde que nous croisons parfois, ainsi que des personnes encostumées se rendant au travail. Étrange mélange !

Mais quelles vues auxquelles nous avons le droit !


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Une Nature tantôt étouffée...

Vue du dessus, la Nature “apprivoisée” semble parfois complètement étouffée par ses alentours.

...tantôt souveraine

Sans pont, il serait bien difficile de relier les deux rives de la Seine.

N’oublions pas qu’avant un tel étalement urbain, le bassin parisien ressemblait davantage à une forêt !


Les lieux redécouverts et les enseignements

Choisis avec parcimonie en fonction de leurs alentours, de la verdure ainsi que la lumière attendue, les lieux que j’ai choisi de redécouvrir sont : la Seine et Notre-Dame (en 4 points), Montmartre, le Grand Palais, les Invalides, la Tour Eiffel ainsi que la place des Vosges et les jardins de Bagatelle au Bois de Boulogne.

Il ressort plusieurs surprises de ce petit reportage.
Tout d’abord, le calme qu’il est possible de trouver, même dans une capitale comme Paris – où la densité de population est une des plus élevées au monde. Le drone aide aussi à filtrer l’agitation au sol.

La Nature reprend d’autant plus de son sens, surtout qu’un point de vue aérien permet vraiment de redécouvrir de nombreux espaces verts, et prendre conscience que la Seine coupe vraiment la ville en deux.

Clairement, je ne verrai plus Paris de la même manière. Tout me paraît si agité dorénavant – je ne m’y fais pas !


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