Paysages, Montagnes et Émotions - Abstract

Partez avec moi à la découverte des montagnes Tatra en Pologne, ses paysages sublimes, et découvrez le quotidien d’un sauveteur de haute montagne Polonais, Woytek – rencontré fortuitement en haut d’une randonnée.


A la recherche du calme perdu

En déplacement pour un gros contrat photographique en Pologne et République Tchèque sur le mois d’Avril, j’ai profité d’un petit laps de temps pour aller me ressourcer à la montagne.

Après une première tentative dans la région de Vítkovice en République Tchèque (agréable mais il s’agit davantage de collines que de montagnes selon moi), je me retrouve à explorer les Tatra Montains sur conseil de mon amie Slovaque Anna.

Il s’agit d’une chaine de montagnes assez peu étendue (785 km2 contre 19 000m2 pour les Pyrénées par exemple), partagé entre la Pologne (22% de la surface) et la Slovaquie (78%). Les Tatras sont inscrites au patrimoine de l’UNESCO, et le point culminant se trouve en Slovaquie (2655m).

Afin de trouver un point de chute agréable depuis lequel visiter, j’ai employé ma méthode habituelle : la vue satellite et les images sur Google Maps pour repérer les endroits à voir et les villes / routes proches.

Après une courte recherche (et une dizaine d’étoiles en plus sur ma carte…), je décide de loger au refuge PTTK Morskie Oko, parfaitement situé au pied du lac du même nom, à 1380m d‘altitude. Il y a même un restaurant sur place !

Modification du planning

Comme il leur restait de nombreux lits disponibles en ce lundi 16 avril, je ne réserve pas, et espère atteindre le refuge lundi soir après les 6h de routes polonaises nécessaires à ma venue depuis Varsovie. Le parking (Palenica Białczańska) le plus proche est à 8km (25 PLN, environ 6€), et permet d’atteindre le refuge à pied (2h en montée) ou en calèche.

J’y arrive à 17h30, mais le service de calèche est malheureusement terminé et la météo se dégrade rapidement. Je décide donc d’aller courir : j’irai au refuge demain, mardi.


La montée au refuge

Mardi, la météo est mauvaise (brouillard et bruine) et contraire aux prévisions : j’attends donc que cela se lève, en vain… Qu’à cela ne tienne, j’enfile ma doudoune, mon sac à dos avec tout mon matériel photo et me voilà en calèche pour le refuge (disons que je préfère conserver mon énergie pour une rando sur place :P).

Petite déception à mon arrivée, le lac est encore gelé, et le brouillard empêche de voir les montagnes alentours, pourtant très proches. Néanmoins l’auberge est vraiment incroyablement située, au pied du lac et avec vue sur les montagnes (même vue depuis mon dortoir – dans lequel je suis d’ailleurs seul !).

Premiers pas dans la neige

Comme il y a encore beaucoup de neige (humide et glissante car il fait chaud), je loue des crampons avant de partir faire le tour du lac. La montagne émerge parfois du brouillard, et les sommets enneigés encerclant le lac Morskie Oko sont vraiment impressionnants bien que le plus haut culmine « seulement » à 2499m (le mont Rysy, plus haut pic des Tatras Polonaises). Marcher dans cette neige humide est épuisant : elle est molle, glisse et se dérobe souvent sous les pieds – on a alors de la neige jusqu’au genou au moins. Je rentre donc de cette promenade trempé (il pleuvait encore), sans avoir aperçu les montagnes en entier, mais heureux d’être là.

Presque un jeûne forcé…

Vers 17h45, je vais au restaurant (qui s’est vidé à cette heure là) prendre un chocolat chaud… qui s’est transformé en diner car la cuisine ferme à 18 h !! Heureusement que je ne suis pas monté lundi finalement, ça aurait été le jeûne :D. Je finis donc de diner (seul dans cette grande pièce, avec vue sur le lac) à 18h05, et n’ai pas grand chose de mieux à faire que dormir passé 20h (soleil couché). Je résiste jusqu’à 21h, par principe.


En viste en Europe Centrale ?

La République Tchèque est un joyau à ne pas manquer !


La vue au réveil 😍

Le lendemain,l’absence de rideaux me réveille tôt. Mais un regard (depuis mon lit) par la fenêtre me met instantanément de bonne humeur, les nuages se dégagent vite…

Ascension au lac juste au-dessus du refuge

Je pars donc petit-déjeuner, avant de me mettre en route vers le lac Czarny Staw pod Rysami, situé 300m plus haut. Si la partie le long du lac Morskie Oko est simple, l’ascension est vraiment difficile. Crampons au pied, je m’enfonce dans la neige humide, et mes prédécesseurs n’ont pas jugé utile de faire des zigzag pour rendre la montée plus progressive. C’est donc en ligne droite quasi verticale que se fait l’ascension. J’en ai presque le vertige, et fait une mini crise de panique avant d’arriver au second lac. Si prêt du but, je ne m’arrête pas mais appréhende la descente.

Les paysages sont néanmoins magnifiques, et je décide de faire une longue pause pour profiter du soleil.

Situation périlleuse ?

De l’autre côté du lac, je vois un homme gravir la montagne seul, dans ce qui semble être la coulée d’une ancienne avalanche. Est-ce bien raisonnable ? Je surveille du coin de l’oeil tout en me reposant et admirant le panorama.

Sauvetage en haute montagne

Alors qu’il était à au moins 150m plus haut et de l’autre côté du lac quelques instants plus tôt, je le vois soudain surgir près de moi. Je décide d’aller lui parler, et lui demander si je peux le suivre pour la descente.

On dirait que je suis bien tombé : c’est un sauveteur de haute montagne (!), prénommé Woytek, qui profitait d’un temps libre pour « randonner » un peu. Cela explique qu’il grimpait seul !

Il est plutôt du genre « Schwarzenegger » malgré ses 46 ans : ses bras font ma taille, et je me dis que rien ne peut l’arrêter.

La rencontre

Comme il souhaitait également faire une pause, nous discutons une bonne heure à cet endroit magique. Dans un anglais trébuchant, Woytek m’explique son quotidien, son métier, sa passion pour la montagne depuis tout petit, la situation politique de la Pologne, …

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Le quotidien d’un sauveteur Polonais

Ingénieur de formation à Cracovie, il a préféré s’engager comme sauveteur de haute montagne au gré d’une opportunité. Cela fait plus de 20 ans qu’il y travaille.

Comme de nombreux polonais, il cumule plusieurs jobs, car son salaire de secouriste au sein de la Tatra Mountains Rescue Service ne lui permet pas de vivre… Il enchaîne donc 7 jours de garde comme secouriste (parfois basé à Morskie Oko comme cette semaine, parfois ailleurs), puis donne des cours comme instructeur d’escalade, en plus de continuer à se former.

Il me confirme ce que j’avais ressenti en traversant la Pologne : le quotidien est difficile, ce n’est pas toujours facile de joindre les deux bouts. En outre, la situation politique du pays s’est récemment complexifiée tendant à une régression sur le plan économique également… Le populisme est de retour, et Woytek craint pour l’avenir de son pays ; il espère vraiment qu’un nouveau gouvernement plus prometteur remplace celui en place- dans 2 ans. Il était d’ailleurs content que le populisme ne vainque pas en France et était très enthousiaste à propos de Macron. C’est toujours intéressant de voir l’image de son pays à l’étranger ! Avant de repartir, je prends des photos avec mon drone d’une paroi rocheuse connue pour l’escalade, où il avait effectué un sauvetage en 2005. Échange de bons procédés 😉

Nous redescendons ensuite vers le refuge, et je le rejoins plus tard pour déjeuner. Il me montre ensuite des films de sauvetage impressionnants ; c’est rassurant de savoir que des gens comme lui veillent sur nous ! Il m’explique enfin qu’il aimerait peut-être changer d’emploi bientôt, pour changer et car les sauveteurs doivent travailler (en partie sur le terrain) jusqu’à 65 ans en Pologne !!

Un couché sublimé

Je me repose ensuite un peu, en attendant le coucher de soleil qui est magnifique, tout comme l’heure bleue (30 minutes après le coucher du soleil environ). Je m’aventure pieds nus dans les eaux du lac gelé, pour avoir un meilleur point de vue… Néanmoins, je le regrette bien vite et crie presque de douleur tellement l’eau est froide (environ 3°…) mais reste quand même de longues minutes en attenant les conditions parfaites. Satisfait après une journée riche en émotions, je m’endors ensuite rapidement.

Dernière randonnée, déjà…

Le lendemain, mercredi, c’est déjà le dernier jour dans les montagnes. Comme Woytek a proposé de me conduire au parking à 13h j’ai quelques heures pour faire une autre randonnée. Je décide d’aller à l’Ouest de Morskie Oko cette fois (à l’opposé d’hier), en direction de Szpiglasowa Przelecz pour avoir une vue d’ensemble. Bien que je monte encore plus haut qu’hier (environ 1700m), le chemin est plus simple et j’avance vite. Le panorama est sublime.

Sur la route du retour

Dur de redescendre (au sens propre comme figuré…). Woytek me conduit ensuite au parking dans son Land Rover de service (il critique d’ailleurs le manque de place : il est si costaud qu’il ne tient pas dans le peu d’espace imparti). Derniers aux revoirs, et me voilà de retour dans ma voiture, ravi d’avoir rencontré et échangé quelque peu avec lui ! J’espère revenir un jour, qu’il me donne des cours d’escalade un jour… À suivre 😉

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